Accueil Actualités Pourquoi le nombre de logements à louer augmente dans les grandes villes

Pourquoi le nombre de logements à louer augmente dans les grandes villes

9 minutes de lecture
Selon une étude menée par le site Se Loger, le nombre d’annonces de logements à louer a augmenté de 14,9% depuis un an.

Bonne nouvelle pour les locataires, le nombre de logements à louer est beaucoup plus important ces derniers mois. Selon une étude menée par le site SeLoger, le nombre d’annonces de logements à louer a augmenté de 14,9 % depuis un an.

Dans les grandes villes, les chiffres sont impressionnants : 64 % d’annonces en plus à Paris, 52 % à Nice, 39 % à Bordeaux, et 34 % à Rennes et 32 % à Nantes. Chez Junot Immobilier, une agence qui travaille essentiellement dans les beaux quartiers de Paris, les annonces sont passées de trente-cinq par semaine à quatre-vingt dix. Confrontés à l’absence de touristes en raison de la situation sanitaire, il semble que les propriétaires de meublés touristiques se reportent sur le marché de la location meublée longue durée.

« Dans certains cas, les appartements reviennent sur le marché, car la période d’essai du locataire n’a pas été confirmée ou des étudiants ont renoncé à louer car leurs cours vont se dérouler à distance », complète Sébastien Bouvron, responsable de la gestion locative chez Junot Immobilier.

Pour les professionnels de l’immobilier, l’absence de touristes n’est pas la seule explication à cette situation : « Il s’agit d’une tendance qui a commencé l’an dernier et qui est liée au durcissement des conditions de location des meublés touristiques dans les grandes villes, notamment par le biais des plates-formes de type Airbnb », pense Alexis Alban, directeur général adjoint de Lodgis, spécialiste de la location meublée longue durée.

Amendes de 50 000 euros

Rappelons que dans la plupart des grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Nice, le logement doit rester la résidence principale du propriétaire. Il est donc interdit de louer plus de cent vingt jours par an. Si le logement est loué plus longtemps, cela devient un local commercial et il faut une autorisation spécifique. Des amendes de 50 000 euros peuvent être appliquées au propriétaire qui ne respecterait pas ces règles et les contrôles sont plus fréquents.

La location de plus longue durée, même si elle ne dure que quelques mois dans le cadre d’un bail mobilité, permet de s’affranchir de ces contraintes et le propriétaire peut louer librement.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après la vague d’achats immobiliers post-confinement, place à l’incertitude

Autre explication à ce retour d’appartements sur le marché : louer son logement en meublé touristique est généralement plus rémunérateur, mais aussi beaucoup plus contraignant avec des états des lieux fréquents, une intendance importante pour nettoyer le logement ou changer les draps entre deux locataires.

De plus, même lorsqu’il se loue bien, le meublé touristique n’est pas occupé à 100 % : « On compte un taux d’occupation de 85 % pour les appartements qui sont très bien situés », explique Alexis Alban. La location meublée longue durée nécessite moins d’attention et réduit la vacance locative, ce qui convainc une partie des propriétaires.

Rares baisses des loyers

Cet afflux de logements à louer va-t-il permettre aux locataires de négocier les loyers à la baisse ? Cela ne semble pas être le cas pour l’instant, selon SeLoger, sauf dans de rares villes comme à Rennes (-10 %), Nice (-4 %) et Strasbourg (-3 %). Les loyers ont même augmenté de 12 % à Bordeaux. Si les loyers ne diminuent pas, le marché pourrait se rééquilibrer. « Les candidats à la location sont moins nombreux pour chaque appartement et la situation leur est moins défavorable. Ils peuvent notamment prendre un peu le temps de choisir leur futur logement », se réjouit Sébastien Bouvron.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Locations saisonnières : comment faire sans Airbnb ou sans touriste

La baisse des loyers est d’autant moins d’actualité que la demande de location reste soutenue. En un an, sur les dix plus grandes villes de France, SeLoger constate que le poids de la recherche locative a gagné trois points. Près de six recherches sur dix concernent les locations.

Cette évolution réside peut-être dans le fait que les prix dans les grandes villes ont atteint des niveaux élevés qui rendent l’achat difficile et que le public se reporte sur la location. « Et dans le même temps, avec la crise sanitaire, une partie des gens s’interrogent sur leur emploi et préfèrent louer plutôt qu’acheter », explique Séverine Amate, porte-parole de SeLoger. Enfin, les banques ont resserré leurs critères de sélection, et des candidats à l’achat se reportent sur la location car leur dossier n’est pas accepté. Le marché de la location reste donc dynamique en cette rentrée.

Découvrir davantage d'articles

Regardez aussi

En septembre, les Français ont continué à remplir leurs livrets A et LDDS

Il y a cinq ans, le 30 juillet 2015,  des manifestants protestaient contre la baisse de la…