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La fraude aux chèques progresse de 20 % en France

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C’est un paradoxe qui ne manque pas d’inquiéter les autorités financières. Le chèque poursuit son déclin, son utilisation a reculé de 9 % en 2019 et il ne représente plus désormais que 6 % des transactions scripturales. Il est pourtant devenu le moyen de paiement le plus fraudé en France, selon le rapport annuel 2019 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, publié ce mardi 22 septembre.

Parce que la fraude sur le chèque a progressé de 20 % en un an, pour atteindre 540 millions d’euros l’an passé, sa part dans la fraude totale aux moyens de paiement dépasse désormais celle de la carte bancaire (46 % conte 40 %), alors qu’il reste dix fois moins souvent utilisé que celle-ci. « Les dispositifs de contrôle ont tendance à se resserrer sur les moyens de paiement électroniques, il est donc plus facile pour les fraudeurs de tenter leur chance sur le chèque », explique Julien Lasalle, chef du service de surveillance des moyens de paiements scripturaux de la Banque de France.

Fabrication de faux chèques et recours à des « mules »

L’escroquerie la plus répandue reste de très loin le détournement, avec fausse signature, d’un chèque perdu ou volé, dans un sac à main ou une boîte à lettres. Très fréquente également, la falsification d’un chèque valide, intercepté par un fraudeur, qui change son ordre et son montant par grattage ou gommage. Deux autres formes de fraude, moins fréquentes, connaissent une forte progression : la fabrication de faux chèques créés de toutes pièces et le recours à des « mules », recrutées sur les réseaux sociaux pour encaisser des chèques frauduleux de plusieurs milliers d’euros. Ces complices doivent ensuite virer la somme, moins une commission, sur le compte d’une société éphémère créée par des escrocs. Le chèque sera ensuite rejeté, et l’assistant fraudeur, victime de l’arnaque, aura perdu le montant du virement.

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Interpellé par la dynamique de la progression de ces fraudes depuis quatre ans, l’Observatoire a lancé une concertation de place, pour proposer avant la mi-2021 des solutions à même de renforcer la sécurité du chèque. Parmi les pistes de réflexion, figurent « de nouvelles normes de fabrication des chèques, intégrant des éléments de sécurité supplémentaires, ou la traçabilité des envois de carnets de chèques, ou encore le rejet des chèques trop raturés pour être honnêtes », détaille M. Lasalle.

L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement a par ailleurs confirmé que le paiement par carte sans contact avait fortement progressé à l’occasion de la crise sanitaire. Le nombre de transactions en mode « sans contact » a augmenté de plus de 65 % en septembre 2020 par rapport à la même période de 2019, mais le taux de fraude est resté stable (1 euro de fraude pour 5 000 euros de paiement). L’utilisation des espèces a en revanche reculé, et, en septembre, le nombre d’opération de retraits aux distributeurs automatique était encore en baisse de 10 % sur un an.

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