Accueil Actualités Faut-il investir dans une ville moyenne ?

Faut-il investir dans une ville moyenne ?

6 minutes de lecture

Des rues aux commerces fermés, des immeubles non occupés, dégradés : telle est la situation de certains centres-villes, surtout hors des métropoles. Afin de redonner du dynamisme à ces communes moyennes en difficultés, le gouvernement a lancé, fin 2017, Action cœur de ville, un plan qui vise à financer des projets de réhabilitation et de développement économique, avec un budget de cinq milliards d’euros sur cinq ans.

Aurillac, Blois, Chinon, Bayonne, Ajaccio, Douai, Lisieux, Albi, Béthune, etc. : sont ainsi concernées près de deux cent cinquante villes aux profils et aux tailles variés (de 9 000 à 130 000 habitants, environ).

Lire aussi L’investissement locatif à l’épreuve de la crise

Investir dans ces secteurs pour rénover des logements et les mettre en location peut permettre, depuis début 2019, de bénéficier du dispositif Denormandie, une réduction d’impôt équivalente à 12 % du prix de revient (calculée sur 300 000 euros maximum et incluant les frais de rénovation) pour une location de six ans, 18 % pour neuf ans et 21 % pour douze ans.

Une attractivité dopée

Parmi les conditions : le logement doit faire l’objet de travaux importants (au moins 25 % du coût total de l’opération), être loué au moins six ans, avec un loyer plafonné, et à des locataires aux ressources elles aussi plafonnées.

Après des débuts poussifs, le dispositif Denormandie fait-il finalement des émules ? Il n’y a pour l’heure pas de chiffres officiels, la direction générale des finances publiques n’a pas encore compilé les données issues des déclarations de revenus remplies en 2020, portant sur les revenus et investissements de 2019.

63 000

C’est, en euros, la réduction d’impôt maximale procurée par le dispositif Denormandie. Ces 63 000 euros valent pour une acquisition de 300 000 euros (montant maximal ouvrant droit à l’avantage fiscal, dans la limite de 5 500 euros/m2), si le logement est loué douze ans – la réduction d’impôt s’élève alors à 5 250 euros par an. Elle sera de 36 000 euros au total si le même bien est loué six ans, 54 000 euros pour neuf ans. Sont éligibles à la réduction Denormandie les territoires classés Action cœur de ville et environ 150 autres communes engagées dans des projets de revitalisation (ici, le simulateur officiel pour vérifier l’éligibilité au Denormandie d’une ville).

« Certains maires nous disent toutefois que le système commence à prendre et que les investisseurs reviennent au centre-ville. C’est le cas à Carcassonne (Aude) ou à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Quelques villes comme Colmar, dans le Haut-Rhin, Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte, en Vendée, sont également dynamiques », constate Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme national Action cœur de ville.

Avec leurs prix au mètre carré généralement plus accessibles que dans les grandes agglomérations, permettant de s’offrir de plus grandes surfaces pour le même budget, et la présence de maisons avec jardin, les villes moyennes pourraient en outre voir leur attractivité dopée par le confinement, le contexte sanitaire et économique.

Un sondage Ifop mené en juillet 2020 indique qu’avec « l’essor du télétravail », près d’un quart des habitants des villes souhaiteraient déménager. Et que s’ils pouvaient choisir, la moitié des habitants des grandes villes souhaiteraient habiter dans une ville moyenne.

Il vous reste 55.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Découvrir davantage d'articles

Regardez aussi

En septembre, les Français ont continué à remplir leurs livrets A et LDDS

Il y a cinq ans, le 30 juillet 2015,  des manifestants protestaient contre la baisse de la…