Accueil Actualités « Avec la possible fusion de sa banque avec celle du Crédit du Nord, la Société générale n’en finit pas de restructurer son édifice »

« Avec la possible fusion de sa banque avec celle du Crédit du Nord, la Société générale n’en finit pas de restructurer son édifice »

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Le siège de Société générale à la Défense, le 4 février 2020.

Pertes et profits. Pendant la crise, le chantier continue. Il prend même de l’ampleur. La Société générale, qui n’en finit pas de restructurer son édifice, se prépare à un nouveau toilettage. Elle a annoncé, ce mercredi 23 septembre, étudier la fusion de sa banque de détail avec celle de sa filiale Crédit du Nord. Cette dernière perdra son indépendance, mais le groupe, également propriétaire de la banque en ligne Boursorama, assure que ce ne sera pas au profit d’une plus grande centralisation mais au contraire d’une « régionalisation de la gouvernance ». La nouvelle entité issue de la fusion, dont on ne connaît pas encore le nom, ajoutera les 7,3 millions de clients de la maison mère aux 2,4 millions de sa filiale.

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Frédéric Oudéa, le PDG de la banque, ne cache pas que l’objectif principal est de « conforter la compétitivité commerciale et financière à long terme de nos fonds de
commerce »
. Autrement dit, de tenter d’améliorer une rentabilité en chute libre depuis plus de dix ans. Taux bas et révolution numérique ont pénalisé cette activité, et la crise sanitaire a accéléré le phénomène. La solution passe donc par la réduction des agences et le développement sur Internet.

La difficulté sera pour Société générale de ne pas abîmer le réseau de Crédit du Nord, constitué de neuf petites banques de proximité (Courtois, Rhône-Alpes, Marseillaise de crédit etc.) et réputé pour la qualité de son service. L’enjeu est d’autant plus important pour la banque parisienne que ses autres activités ne sont pas dans une forme éblouissante. Au premier semestre de l’année en cours, le groupe a perdu de l’argent sur chacun des trimestres, dont 1,26 milliard d’euros au second.

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Comparaison cruelle

Cela ne s’était jamais vu depuis l’affaire Kerviel. Ce résultat cache des provisions comptables, mais aussi la mauvaise performance de sa branche banque d’investissement. La direction peut là encore incriminer la crise, mais une comparaison reste cruelle. Dans le même temps, le rival de toujours, BNP Paribas, a enregistré un résultat exceptionnel de 1,6 milliard de profits sur cette même activité. Creusant un peu plus le fossé qui sépare les deux entreprises. Aujourd’hui, Société générale vaut quatre fois moins cher en Bourse que sa cousine de la rue d’Antin.

Les banques européennes souffrent, mais la firme au logo rouge et noir est entrée dans la ligue de celles en difficulté. Reconduit à la tête de l’entreprise, malgré une chute du cours de Bourse de 70 % en cinq ans, Frédéric Oudéa a entamé en août un nouveau cycle de restructurations, de cessions et de renouvellement des dirigeants. Désormais, c’est l’indépendance de la banque qui est en jeu, et l’heure de vérité se rapproche.

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